Un carnet utile note la distance au Max Loss Limit en début de séance, la taille engagée en fraction du risque restant, et si le plan a été suivi. Le résultat vient en dernier : c’est la seule colonne que vous ne contrôlez pas. Quatre champs par séance répondent à la question qui compte avant un reset.
Quel chiffre faut-il noter avant le premier ordre ?
Ouvrez votre plateforme avant le premier ordre et relevez un seul nombre : l’écart entre votre équité et la limite affichée. Appelons-le la marge du jour.
Sur un 50K Cycle neuf, cette marge vaut 2 000 $. Après trois séances à −300 $, elle vaut 1 100 $. C’est le même compte, avec la même Max Loss Limit sur le papier, mais la taille qu’il autorise a été divisée par deux.
La plupart des traders notent le résultat de la séance et jamais cette marge. Ils tradent donc la quatrième séance avec le dimensionnement de la première, ce qui explique pourquoi les évaluations échouent plus souvent en semaine deux qu’en semaine un. Le mécanisme complet est décrit dans le piège du drawdown trailing.
Quels champs un carnet de trading doit-il contenir ?
Quatre champs suffisent : la marge du jour, le risque engagé par trade en fraction de cette marge, le respect du plan, et le résultat net.
| Champ | Quand | Exemple |
|---|---|---|
| Marge du jour | avant le premier ordre | 1 400 $ |
| Risque engagé par trade, en fraction de la marge | avant le premier ordre | 150 $, soit 10,7 % |
| Plan suivi | après la séance | oui / non, et quel écart |
| Résultat net | après la séance | +180 $ |
L’ordre n’est pas décoratif. Les deux premiers champs sont des décisions, les deux derniers sont des constats. Un carnet qui commence par le résultat vous apprend à expliquer après coup ; un carnet qui commence par la marge vous force à décider avant.
Comment calculer la taille à partir de la marge du jour ?
Prenez la marge du jour et divisez-la par le nombre de pertes consécutives que vous voulez pouvoir absorber. Dix est une valeur de travail défendable.
Sur une marge de 2 000 $, dix pertes donnent 200 $ par trade. Sur une marge réduite à 1 100 $, le même raisonnement donne 110 $. Avec un stop de dix points sur l’ES, où le point vaut 50 $, 110 $ ne tient pas dans un mini : il tient dans deux micros MES. La réduction de taille n’est pas une punition, c’est l’application d’une division.
C’est aussi le seul mécanisme qui empêche le rattrapage. Un trader qui note sa fraction chaque matin voit la taille autorisée baisser mécaniquement après une mauvaise semaine, au moment précis où l’envie d’augmenter est la plus forte.
Comment noter si le plan a été suivi ?
Par oui ou non, suivi du nom de l’écart s’il y en a un : ce champ ne demande pas un paragraphe d’introspection. Quatre écarts couvrent l’essentiel des séances : taille au-dessus de la fraction prévue, trade pris en dehors des conditions définies, stop déplacé, séance prolongée au-delà de l’heure fixée.
Un vocabulaire fermé de quatre termes se compte. Au bout de vingt séances, vous savez que « stop déplacé » apparaît onze fois et « séance prolongée » deux fois, ce qui désigne la règle à écrire. Une note libre du type « j’ai manqué de patience » ne se compte pas et ne produit aucune règle.
Pourquoi le résultat vient-il en dernier ?
Le résultat est déjà dans votre relevé de compte : le noter n’ajoute rien, sauf une place dans la hiérarchie. Il vient en quatrième parce qu’il dépend du marché autant que de vous.
L’erreur classique consiste à classer les séances par résultat. Elle produit deux conclusions fausses. Une séance disciplinée et perdante est jugée mauvaise, donc le trader change une méthode qui fonctionnait. Une séance indisciplinée et gagnante est jugée bonne, donc il répète ce qui a failli le tuer.
Le bon classement croise les deux dernières colonnes :
| Plan suivi | Plan non suivi | |
|---|---|---|
| Résultat positif | à répéter | le cas dangereux |
| Résultat négatif | coût normal de la méthode | à corriger en premier |
La case en haut à droite est celle qui termine les comptes. Elle ressemble à un succès et elle enseigne le contraire.
Que regarder lors de la relecture hebdomadaire ?
Trois questions, dix minutes, les mêmes chaque semaine : l’évolution de la marge du jour, la stabilité de la fraction engagée, et l’écart de plan le plus fréquent.
La marge du jour a-t-elle monté ou baissé sur les cinq séances ? Une marge qui descend régulièrement signale que la taille n’a pas suivi la division.
La fraction engagée est-elle restée stable ? Une fraction qui grimpe de 8 % à 18 % est le signe avant-coureur de l’échec, visible une à deux semaines avant qu’il arrive.
Quel écart de plan revient le plus souvent ? Celui-là devient une règle écrite pour la semaine suivante. Une seule à la fois.
Ces trois réponses sont exactement ce qu’il faut pour décider s’il faut payer un reset à 120 $ après un échec, ou si le problème est ailleurs. Le guide sur le prix d’un reset détaille ce choix ; sans carnet, il se fait à l’instinct.
Quels champs ajouter selon le type de compte ?
Le socle de quatre champs suffit sur Cycle, Clear et Direct. Deux ajouts se justifient selon le produit.
Sur un compte Stream financé, le drawdown suit l’équité ouverte : notez le creux d’équité intrajournalier de la séance, pas seulement la clôture. Un gain latent de 1 500 $ rendu au marché coûte de la marge même si la journée finit à l’équilibre.
Sur Clear et Stream pendant l’évaluation, et sur Cycle une fois financé, ajoutez une colonne « part de la meilleure journée » : le résultat de votre plus forte séance divisé par le profit cumulé. La règle de consistance se lit directement dans cette fraction, et la voir chaque semaine évite de découvrir un blocage au moment de demander un paiement. La page des paiements décrit les seuils applicables.
Les comptes d’évaluation et financés sont simulés jusqu’à l’étape Live, et le trading de futures comporte un risque de perte important. Un carnet améliore les décisions, il ne garantit aucun résultat.
Sources
- CME Group, spécifications des contrats E-mini et Micro E-mini : valeurs de point et de tick utilisées dans les calculs de fraction.
- CFTC, Commodity Futures Trading Commission : avertissements sur l’effet de levier et le risque de perte.
- Autorité des marchés financiers, mises en garde et pédagogie à destination des épargnants : repères français sur les produits à effet de levier.
Comptes simulés jusqu'au Live. Le trading de futures comporte un risque de perte important.